Salut à toi lecteur. Comme j’ai le plaisir de la constater, tu es toujours, là alors je vais te parler d’un autre personnage haut en couleur ici-bas. Couille-molle 1er.

D’aspect extérieur, rien ne le différencie d’un être humain normal. Deux bras, deux jambes, un tronc, une tête avec tout ce qu’il dessus – oreilles, nez, yeux, bouche.. la totale quoi ! Pourtant, quand tu t’approches, la vérité se fait jour pour peu que tu saches regarder les bons détails aux bons endroits.

Comme tu le sais lecteur (et si c’était pas le cas, ben maintenant ça va changer grâce à ce blog ! Preuve supplémentaire de son immense utilité), le langage non verbal participe pour plus de 70 % du message que tu veux envoyer à un interlocuteur. Le message en lui-même ne représente que les 30 % restant et encore, parce qu’en fonction de la tournure de phrase, du point de vue retenu, etc. y a encore des perturbations sur la ligne ! Mais bon, l’Homme existe depuis pas mal de temps maintenant et on réussi à peu près à se comprendre (et quand c’est pas le cas, ben on se met sur la gueule et généralement c’est le plus fort qui finit par avoir raison ! À défaut d’être juste, ça fonctionne).

Pourquoi me suis-je lancé dans un cours de communication, te demandes-tu certainement ? Il y a deux raisons à cela :

  1. C’est nécessaire pour comprendre pourquoi Couille-molle 1er a reçu son titre de Couille-molle (1er) et pourquoi il est l’objet d’un billet ici ;

  2. Parce que j’aime bien faire des entrées en matière sympa, sauf que là, je me perds un peu alors un peu d’indulgence ! (et ceux qui ne seraient pas contents, la porte, c’est par là ! Non mais ! Je blablate si je veux et le temps que je veux !

Bon, trêve de plaisanteries et revenons à notre mouton (Couille-molle 1er, suis un peu lecteur, je te prie !). Et pour augmenter le réalisme, je vais vous le raconter à travers une hypothétique rencontre. Asseyez-vous confortablement, Allumez-vous une clope avec votre Vodka, mettez vos lunettes 3D et allons-y !

(cela dit en passant, si vous avez suivi au pied de la lettre les conseils ci-dessus mentionnés, vous devez avoir l’air un peu bizarre accoutré de la sorte devant votre PC pour lire une page texte… Priez pour que personne ne vous ait vu !).

Le Couille-molle, on le voit arriver de loin, ou plutôt devrais-je dire, on le « sent » arriver de loin. Pas forcément avec son nez mais avec son instinct (ce qu’on appelle instinct n’est rien de plus que la lecture inconsciente des signaux non verbaux envoyés par une personne). La démarche n’est pas franche, sa position dans l’espace ne colle pas vraiment avec son environnement et avec son statut hiérarchique. Il ne porte pas la tête droite et haute. Et le top, sa trajectoire ! Elle ne ressemble strictement à rien. Dans un simple couloir rectiligne de quelques mètres, Couille-molle réussira l’exploit de changer de mur à raser deux ou trois fois.

Le meilleur, c’est quand il vient pour me demander quelque chose. Vois-tu, lecteur, les contorsions des gymnastes olympiques dans les épreuves au sol, eh ben Couille-molle 1er me fait approximativement la même chose en entrant dans mon bureau (et ce n’est pas forcément un traitement de faveur hein, c’est pour tout le monde la même chose).

Voila donc, pour la partie visible de loin, si je puis dire. Passons maintenant à l’échange verbal et les mimiques faciales associées parce que je sens que je ne vais pas pouvoir dissocier le tout. Il se peut même que le contenu du message s’incruste aussi.

Tout commence toujours par un borborygme (toux, raclement de gorge ou que sais-je encore censé attirer l’attention de l’auditoire). Visualise bien la scène, cher lecteur, parce que c’est important de bien être dans le contexte.

Tu es dans ton bureau orienté vers la porte d’entrée, ouverte. Tu vois un mec débarquer un peu en trombe en rasant les murs et se plante devant toi. Putain mais même Steevie Wonder saurait qu’il y a quelqu’un qui veut lui parler à cet instant précis !!! Mais peu importe, dans ces cas-là, je joue à celui qui ne comprend pas tout de suite que c’est pour lui. Généralement, quelques secondes plus tard, il en a marre, se souvenant qu’il le chef (bordel !!!) et attaque directement dans le vif de son sujet.

Là, certains d’entre toi se demandent pourquoi une telle tournure de phrase «  dan le vif de SON sujet ». Bien vu ! Parce que quand Couille-molle 1er débarque pour me parler de quelque chose, c’est toujours après une longue préparation de sa part sur le sujet en question (je crois que je dois le stresser un peu le garçon…). Bref, quand il se sent vraiment chaud bouillant, il débarque en trombe, se jette presque littéralement sur moi (ça aurait été flatteur si l’un de nous deux aurait été une nana… mais c’est pas le cas !) et me balance directement l’objet de son stress du jour…

tu dois te souvenir, lecteur, qu’à un moment donné dans ta scolarité, l’un de tes profs (pour ne pas dire tous, au moins jusqu’à ce que tu es atteint la fin de tes études supérieures) t’a appris sur le mode de la répétition intensive qu’il fallait toujours commencer par une introduction dans laquelle tu situes le contexte, si t’es bon tu peux même aller jusqu’à annoncer la problématique. Et pour les plus forts d’entre toi, annoncer le plan de ton raisonnement à venir.

Ce principe, qu’on t’a théoriquement enfoncé de force dans le crâne, est la base d’une communication claire et efficace entre personnes civilisées. Ben pas avec Couille-molle…

Ben j'ai pas de bol parce que je suis sous les ordres du seul mec qui te balance pêle-mêle l'intégralité de ses pensées sur un sujet sans ordre, ni logique, ni cadre… Dans plus de 9 cas sur 10, je suis obligé de le couper en plein élan pour lui demander de quel sujet il parle (sachant que mes dossiers peuvent être parfois très similaires, précisons le). Forcément, se faire reprendre de volée (je n’y vais plus gentiment au bout de plusieurs années à lui répéter d’arrêter de faire ça) n’est pas agréable, alors il se renfrogne et la suite est toujours plus délicate. Parce que moi, ça me gonfle de subir cette forme de communication aberrante et parce que lui se sent rabaissé par un sou-fifre en permanence.

Là, tu dois te demander comment je peux avancer une telle chose ? Tout simplement en regardant son expression faciale. Pour faire simple, lorsqu’il est contrarié, son visage prend les mêmes plis que les marionnettes du « bébête show » de Jean Roucas sur TF1 dans les années 80-90 (et là, tu te dis « mais c’est QUOI jean Roucas ??? ». Jean Roucas, c’est ça :

http://www.mgm-evenements.com/pics_bdd/contenu_fr_visuel/1311260483_jean-1_zoom.jpg

et ça aussi

http://md0.libe.com/photo/342652-television-tf-1-bebette-show.jpg?modified_at=1319451827&ratio_x=03&ratio_y=02&width=476)

Enfin bref, après cet instant culturel sur les années 80-90, je pense qu’il est temps de conclure sur le cas de Couille-molle en pointant encore du doigt qu’il est totalement incapable de sortir des détails d’un dossier alors même devrait être celui de nous deux qui prend de la hauteur pour donner un sens à tous ces détails… Eh bien non, il adore me saouler avec les petites merdes insignifiantes dont tout le monde se fout et laisser de côté les vraies questions de fond. Le management à la sauce XXI° siècle en somme, s’agiter pour un rien, surtout ne jamais prendre ses responsabilités et la transférer à l’employé qui n’est pas payé pour ça.

Et pour conclure ce joli tableau, c’est à ce mec là qu’on a potentiellement donné un certain pouvoir de nuisance sur ma carrière… Elle est pas belle la vie ? Pour lui j'veux dire parce que moi, je commence à être à saturation.

 

L'emmerdeur